
...Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger, qui sans façon
D'un air malheureux m'a souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris...

Christina tardait à rentrer à la maison. Depuis déjà longtemps elle avait fini de classer ces pénibles dossiers, elle restait seule dans l’open space. Il était bientôt 20h mais la moiteur des longues soirées d’été semblait ne jamais vouloir partir. Comme de par hasard la climatisation n’en faisait qu’à sa tête. Si bien que Christina pour conjurer la chaleur n’était vêtue que d’un léger chemisier. Malgré l’heure tardive. Dans la semi pénombre n’importe quel visiteur impromptu aurait succombé à ses formes avantageuses. Au chemisier à moitié transparent laissant deviné deux tétons bien ferme et têtus car, je n’invente rien, Christina ne portait jamais de soutien-gorge. Cette particularité vestimentaire aurait dû lui coûter nombreux blâmes, mais le supérieur hiérarchique ne disait rien car il y trouvait bien son compte. Qui ne dit mot consent. Le supérieur, Vincent puisque c’est son nom, n’était non plus rentré chez lui. Prétextant une réunion tardive il avait pris congé de sa femme par téléphone. La réunion était fictive, ce qui intéressait Vincent c’était la perspective de se retrouver seul par cette soirée étouffante avec Christina.
Oui mais voilà Vincent et Christina s’heurtèrent l’un à l’autre dans le hall. « ooohh excuse moi Christina je ne savais pas que tu étais encore dans les bureaux à cette heure-ci, mentit Vincent. » « oh non vous ne pouviez pas savoir je suis désolé j’aurai du vous avertir de ma présence, s’excusa presque Christina en vouvoyant Vincent comme l’impose les relations hiérarchiques. »
Récemment le publicitaire Jacques Séguéla, publicitaire et traître reconnu, a dit ceci :
« Tout le monde a une rolex. Enfin si a cinquante ans on a pas une rolex on a quand même raté sa vie. »
Méditons cette phrase, emplie de la plus grande philosophie. A cinquante l’homme est censé avoir une rolex. Qu’est-ce qu’une rolex ? Regardons un peu. Il s’agit d’une montre de luxe. Après avoir zieuté rapidement sur un site internet de cotation, le premier modèle en neuf se vend aux alentours de 3500 euros. Oh évidemment ça monte vite, on peut se faire un petit plaisir aux alentours de 50 000. Disons en moyenne une rolex semblerait coûter 20 000 euros.
« Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! »

Get on top
Cet album, quand j’était au collège on le mettait chez P. dans son garage en pouffant et mangeant des chips avec des bières et des panachés. Cet album c’est la première musique rock que j’ai écoutée. J’avais acheté le disque original et encore aujourd’hui c’est un des rares albums hors folk et chanson française que j’ai.
Quand j’ai commencé à apprendre la guitare j’ai bien évidemment commencé par le riff de californication. Je revois M. qui s’efforçait à me dire comment placer mes doigts et j’aimais quand elle plaçait mes doigts, peut-être même que je faisais un peu exprès de mal les placer. L’autre jour chez N. on m’a demandé si je savais jouer cette chanson à la gratte, et mes doigts se sont souvenus, ils ont joué cette intro qu’une personne sur deux doit connaître dans le monde.
A la fac de Strasbourg on reprenait « road trippin’ » avec C. lui la basse moi les aigues entêtants. Combien de moment à révasser ? Combien d’images de franche camaraderie à partir sur la pointe des pieds se perdre dans les grands espaces américains ?
A la fac de Dijon, dans la cave de P., ils répétaient « overside » pour la fête de la musique. Je me souviens d’A. Qui se faisait saigner les doigts sur une guitare électrique pendant qu’A. trémoussait frénétiquement les quatre cordes de sa basse vibrante.
Cet album je crois que tout le monde l’écoutait au lycée on en parlait sur la pelouse pendant les récrés. Je me souviens nettement d’une discussion âpre et passionnée pour savoir si « all around the world » c’était ou non du hard rock. A l’époque j’aurai juré que oui, maintenant que non.
Il m’est revenu en mémoire les mercredis après midi de mes 15 ans. Des mercredis de révisions de bac de français et de premiers amours. Quand j’allais chez E., quand ses parents partaient, quand on calait le cd sur la plage 3 en mode repeat, quand on fermait les yeux.
Ou des souvenirs
Mais nous sommes opiniâtres
A ne pas mourir
A traîner sur les berges
Venez voir
On dirait Jane et Serge
Sur le Pont des Arts
Alain Souchon, Rive gauche
Au départ c’était un mal être bien localisé, je crois bien que je voulais me suicider. Pour mettre cette noble intention en pratique, on chipote toujours. On ne veut pas avoir mal, on ne veut pas faire souffrir. On veut en finir vite mais pas trop.
- Bonjour, je voudrais mourir, qu’avez-vous à me proposer ?
- Bonjour monsieur. Vous êtes à la bonne adresse, nous avons mille et une façons de mourir à vous proposer. De la mort en catimini, du suicide m’as-tu-vu ? du cher, du rustique, du qui-fait-bien-mal, du rapide inaperçu. Il vous suffit de demander.
- J’aimerai bien me pendre tout simplement, mais j’ai peur de me louper ou d’avoir mal.
- Nous avons une gamme complète de cordes à pendre garantie à mort. Un expert peut venir chez vous installer la corde et faire le nœud si vous le désirer. Par contre je ne garanti pas l’absence de douleur, bien que la mort soit relativement rapide.
- Hum, c’est vrai…
- Au fait monsieur, je me permets juste de vous demander avant que vous n’en finissiez avec la vie : n’auriez vous pas un ou deux crimes à accomplir avant de quitter ce bas monde ?
- Pardon ?
- Oui si la boutique des morts sûres est spécialisé dans le suicide nous proposons également une large gamme de produits et services pour tuer. Aussi, si vous avez une personne à liquider je me ferai une joie de vous aider en vous proposant l’offre la mieux adaptée.
- C’est vrai, puisque vous me le dites j’aimerai bien tuer ma nièce. Quand ma sœur vient dîner à la maison sa fille met une pagaille monstre et bien souvent j’ai envie de la tuer.
- Quelle âge votre nièce ?
- 4 ans.
- Hum un infanticide de deuxième catégorie donc. Je peux vous proposer
- De quoi s’agit-il ?
- Oh en apparence un jouet normal, une poupée pour fillette. Mais l’accoutumance et l’utilisation répétée en font un poison efficace.
- D’accord va pour
- Personne d’autre à tuer ? un banquier ? un beau-frère ? une belle mère ? une aïeule acariâtre ?
- Ça ira, je ne tiens pas à ma fâcher non plus avec tout le monde avant ma mort.
- Je comprends. Et pour votre mort ?
- Quelque chose de simple et de rapide. Peu importe le prix, je n’emporterai pas mon argent dans ma tombe, n’est-ce pas ?
- C’est ce que l’on dit. Je vous propose un groupe électrogène défaillant…
- C'est-à-dire ?
- C’est très tendance en ce moment, vous branchez votre groupe électrogène dans une pièce non aérée et non ventilée. Vous devrez mourir par intoxication très rapidement et sans douleur
- Je le prends !
- C’est entendu, bien sûr pour l’achat je ne vous propose pas de crédit, tout est à régler comptant.
- Je comprends. Dites-moi elle a l’air de bien marcher votre boutique. Depuis qu’elle est installée elle semble ne jamais désemplir. Comment ça se fait ?
- C’est la crise Monsieur !
- …